HiPay Group: performance financière et virage iGaming 2026

Tours du quartier d'affaires de La Défense à Paris vues à l'aube

Quand un confrère me demande « comment va HiPay financièrement », je commence toujours par lui rappeler une donnée qui sort de la routine du PSP: 145 millions de transactions traitées en 2025, en hausse de +4,4 % en volume. Ce chiffre, à lui seul, dit l’échelle. C’est plus de quatre transactions par seconde, jour et nuit, jour férié inclus. Le PSP français coté ALHYP n’est plus une jeune pousse — c’est une infrastructure de marché, dont la santé financière conditionne directement celle de plusieurs opérateurs ANJ.

Cet article remet à plat les chiffres et la trajectoire de HiPay Group, vu sous l’angle qui m’intéresse: ce qu’ils disent sur la capacité du PSP à servir durablement le segment iGaming français. La question financière n’est pas accessoire pour le bookmaker qui choisit son PSP, ni pour le parieur qui cherche à comprendre la stabilité de son tunnel de paiement. Un PSP financièrement fragile est un risque opérationnel pour ses clients, parce qu’une fragilité durable peut conduire à des cessions, à des reprises, à des changements de stack technique qui se répercutent sur le tunnel client.

Je couvre dans cet ordre: la trajectoire historique depuis 2011, les chiffres clés 2024, les chiffres clés 2025 marqués par le pivot omnicanal, l’analyse spécifique du Tap to Pay, l’expansion internationale, la place de l’iGaming dans le portefeuille, l’actionnariat et la cotation, et la concurrence directe avec les autres PSP qui se battent sur le même terrain. À la fin, vous aurez une lecture financière argumentée — pas une opinion mais un constat documenté — sur la solidité du PSP face aux exigences du marché ANJ.

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De HiMedia à HiPay: trajectoire 2011-2026

L’histoire de HiPay Group commence par une scission. La société est née en 2015 du détourage de l’activité paiement du groupe HiMedia, un acteur historique de la publicité en ligne créé en 1996. Cette parenté média explique en partie l’ADN du PSP: HiPay est l’un des rares acteurs français du paiement à avoir été conçu en interne par un groupe digital, plutôt qu’arrivé par croissance externe ou rachat anglo-saxon.

L’agrément ACPR a été obtenu en 2011, soit avant même la scission formelle. HiPay bénéficie de l’agrément d’institution de paiement délivré par l’ACPR depuis 2011 et est coté sur Euronext Growth (ALHYP) depuis 2015. Cette antériorité est précieuse: elle signifie que la base réglementaire du PSP a été posée pendant que le marché ANJ ouvrait à peine — l’autorité de paiement et l’autorité des jeux ont grandi en parallèle, ce qui a permis à HiPay de construire une expertise iGaming dès la première phase d’ouverture du marché français.

Les années 2015-2020 ont été un cycle de structuration. Construction de l’offre internationale, acquisition de méthodes de paiement, intégration des wallets mobiles dès leur diffusion en France, mise en conformité progressive avec la DSP2 transposée. Cette décennie a forgé un PSP de taille moyenne, profitable, ancré dans le marché français mais ouvert à l’international.

2020-2024 marque l’inflexion. Avec la pandémie, le e-commerce a explosé, et le pari sportif en ligne a accéléré sa pénétration. HiPay s’est positionné sur les deux verticales avec succès. La croissance est devenue plus diversifiée — retail e-commerce traditionnel, services, iGaming, voyage, abonnements. Le pivot vers l’omnicanalité, dont je traiterai en détail plus bas, s’est accéléré sur 2024-2025.

HiPay est compatible avec plus de 200 méthodes de paiement et plus de 150 devises à travers le monde. Cette amplitude n’a pas été construite en un jour. Chaque méthode ajoutée a demandé une intégration technique, une certification, parfois une négociation commerciale séparée avec un fournisseur de rail. À l’échelle du métier, atteindre les 200 méthodes met le PSP français dans la cour des PSP industrialisés — moins large qu’un Adyen ou un Stripe, mais comparable en couverture pratique pour le marché européen continental.

Chiffres clés 2024: volume, chiffre d’affaires, EBITDA

Avril 2025, le communiqué de résultats annuels HiPay Group atterrit dans ma messagerie. Trois lignes ont retenu mon attention immédiate, et elles méritent qu’on les ouvre une par une parce qu’elles racontent ensemble l’année 2024 d’un PSP coté.

Première ligne: HiPay a traité 9,15 milliards d’euros de volume de paiements en 2024, en hausse de +4,4 % sur un an. À l’échelle d’un PSP français de taille moyenne, ce volume est solide. La progression de 4,4 % est en ligne avec la croissance globale du e-commerce français, ce qui signifie que le PSP n’a ni perdu ni gagné de parts de marché en valeur — il a accompagné la dynamique sectorielle. Pour un acteur en phase de scale-up, accompagner la dynamique sans surperformer dramatiquement, c’est un signal mature: la croissance se fait par profondeur de portefeuille, pas par captation aggressive.

Deuxième ligne: le chiffre d’affaires de HiPay s’est établi à 74,2 millions d’euros en 2024 (+13,4 %), avec un EBITDA de 10,8 M€ représentant 14,5 % du CA. Trois constats. Le ratio CA sur volume est de 0,81 % — c’est l’expression mathématique du take rate du PSP, c’est-à-dire la commission moyenne qu’il prélève sur le flux qu’il oriente. Ce ratio est conforme aux PSP de taille moyenne européens. La croissance du CA à +13,4 % alors que le volume ne progresse que de +4,4 % indique une amélioration du mix produit — HiPay vend davantage de services à valeur ajoutée par transaction, pas seulement du routage brut. C’est exactement la trajectoire qu’un PSP doit suivre pour ne pas se faire compresser sur le pur transport interbancaire.

Troisième ligne: l’EBITDA de 14,5 % du CA. Pour un PSP coté, cette marge place le groupe dans une zone de rentabilité confortable — pas exceptionnelle, mais suffisante pour réinvestir dans la technologie, défendre ses parts face aux géants Stripe et Adyen, et distribuer une politique actionnariale modeste. Les PSP en phase de scale-up agressive ont souvent des EBITDA négatifs ou très faibles. Les PSP matures, comme certains acteurs nord-américains, peuvent dépasser 20 %. HiPay est entre les deux — la posture d’un acteur qui a quitté la phase de croissance brûle-cash mais qui continue d’investir.

HiPay a signé 302 nouveaux contrats dans le commerce de détail en France en 2024, et les secteurs Digital et iGaming continuent à progresser. Ces 302 contrats sont un indicateur de vitalité commerciale plus fin que le simple volume. Ils montrent que la machine à signer fonctionne — chaque mois, plus de 25 nouveaux marchands rejoignent le portefeuille. À l’échelle pluriannuelle, cette dynamique compose et explique pourquoi le volume traité résiste face à la concurrence anglo-saxonne.

Chiffres clés 2025: 145 millions de transactions et le tournant Q4

Février 2026. Le communiqué de chiffre d’affaires Q4 2025 publie les chiffres consolidés de l’année. La lecture est plus contrastée que celle de 2024 — et c’est précisément cette nuance qui rend l’exercice intéressant.

HiPay a traité 145 millions de transactions commerciales en 2025 (+4,4 % en volume), avec un chiffre d’affaires de 74,8 M€ (+1 %). Cette double dynamique mérite l’arrêt sur image. Le volume en transactions progresse correctement à +4,4 %, en ligne avec 2024. Mais le chiffre d’affaires ne progresse plus que de +1 %, soit un net ralentissement par rapport au +13,4 % de l’année précédente. Cet écart entre croissance des transactions et croissance du CA indique une compression du take rate moyen — soit parce que la concurrence tarifaire s’est durcie, soit parce que le mix produit s’est tassé sur des prestations à plus faible valeur ajoutée.

La pression tarifaire est, dans mon analyse, l’explication la plus probable. Avec le durcissement du cadre fiscal pour les opérateurs ANJ que j’ai détaillé précédemment, plusieurs clients du PSP ont activé en 2025 des renégociations contractuelles. Quand un opérateur de premier rang demande à son PSP de baisser sa commission de 0,1 ou 0,2 point de pourcentage, l’effet se voit immédiatement dans la moyenne globale du take rate du PSP. La transmission de la pression réglementaire sur les opérateurs vers leurs PSP n’est pas un fantasme analytique — elle se lit dans les comptes.

Le chiffre de 145 millions de transactions est néanmoins une étape symbolique. Pour le mettre en perspective, c’est environ 397 000 transactions par jour, environ 16 500 par heure, environ 4,6 par seconde en moyenne. Les heures de pointe — samedi soir pendant les rencontres de Ligue 1, dimanche après-midi pour les courses, soir d’événement majeur — voient cette moyenne quintupler. La résilience de l’infrastructure technique à ces pics est l’une des conditions de l’agrément ACPR, et c’est aussi l’un des arguments commerciaux que les PSP industrialisés mettent en avant.

L’autre signal fort de 2025 vient du segment retail physique, sur lequel je m’arrête dans la section suivante: le chiffre d’affaires HiPay généré en points de vente physiques progresse de +38,7 % en 2025 par rapport à 2024, illustrant le virage omnicanal. Pendant que le pur online digital ralentit en croissance, le retail physique accélère. C’est exactement le rééquilibrage stratégique que le management du PSP a mis en avant depuis 2024.

Tap to Pay: le pivot point de vente qui change tout

Tap to Pay, dans le langage du métier, désigne la technologie qui transforme un smartphone du commerçant en terminal de paiement sans contact. Plus besoin de TPE — un iPhone ou un Android moderne suffit, doté d’une application certifiée. C’est probablement l’innovation la plus structurante du paiement physique des cinq dernières années, et HiPay en a fait l’un de ses axes de croissance majeurs.

La direction du PSP a articulé publiquement ce pivot, dans le communiqué accompagnant les résultats 2024: les parcours d’achat hybrides, de plus en plus plébiscités par les consommateurs, poussent les commerçants à adopter le commerce unifié. Après un dernier trimestre marqué par un tiers de nouveaux clients ayant choisi l’omnicanalité avec HiPay, la direction anticipait une croissance soutenue de cette tendance en 2025. La prédiction s’est vérifiée — et au-delà des attentes: le chiffre d’affaires HiPay généré en points de vente physiques progresse de +38,7 % en 2025 par rapport à 2024.

Ce 38,7 % est la statistique la plus parlante de l’année 2025 pour le PSP. Pour comprendre son ampleur, il faut la mettre en regard du marché: la croissance globale du paiement sans contact en France tourne autour de 8 à 12 % par an. HiPay sur-performe d’un facteur trois à quatre. Cette sur-performance ne s’explique pas par une croissance de l’usage généralisé — elle s’explique par une captation accélérée de nouveaux marchands qui basculent du TPE classique vers le Tap to Pay smartphone-natif.

Pour le pari sportif, la pertinence du Tap to Pay est moins évidente que pour le retail. Un parieur qui dépose en ligne via son application n’a pas besoin de Tap to Pay. Mais pour les opérateurs historiques qui exploitent un réseau physique — typiquement le PMU et son maillage de buralistes — l’arrivée d’une solution Tap to Pay HiPay ouvre des perspectives concrètes. Le buraliste peut, en théorie, encaisser une recharge de compte joueur via son smartphone, sans investir dans un TPE dédié. Pour les détails techniques précis sur l’éligibilité, l’équipement et la procédure, j’ai consacré une analyse spécifique: le déploiement Tap to Pay HiPay en point de vente pari sportif, qui décompose les conditions concrètes du basculement.

Du point de vue financier, le pivot omnicanal a une vertu de diversification du risque. Un PSP exclusivement online digital est exposé à la volatilité des taux d’acceptation, aux changements de comportement des consommateurs, à la pression sur les frais d’interchange numériques. Un PSP qui équilibre online et offline réduit cette concentration de risque. Le management de HiPay a clairement identifié cette diversification comme un objectif stratégique pluriannuel, et les chiffres 2025 valident l’exécution.

Expansion internationale: Portugal, Italie, Allemagne en pointe

L’international est, pour un PSP français, à la fois une opportunité massive et un défi opérationnel considérable. Massif parce que le marché européen du paiement excède de loin le seul marché français. Considérable parce que chaque pays ajoute sa propre couche réglementaire, sa propre méthode de paiement nationale, son propre catalogue d’acquéreurs locaux à intégrer.

La progression du CA HiPay hors France atteint +20 % en 2024, portée par le Portugal, l’Italie et l’Allemagne. Ce +20 % à l’international est presque le double de la croissance de +13,4 % du CA total — ce qui signifie mécaniquement que la part France diminue en relatif, même si elle reste majoritaire en absolu. Cette dynamique est typique d’un PSP qui a fini de saturer son marché domestique et qui pousse vers les pays voisins où le paiement local laisse encore des espaces de captation.

Le choix des trois pays prioritaires — Portugal, Italie, Allemagne — n’est pas anodin. Le Portugal est un marché de niche bien adapté aux PSP de taille moyenne: volume modéré, méthodes de paiement spécifiques comme MBWay, présence française historique limitée. L’Italie est un marché plus vaste, avec un cadre régulatoire iGaming proche du français — ce qui permet de réutiliser une partie de la stack conformité. L’Allemagne est le marché européen le plus important après le Royaume-Uni, avec un cadre paiement encore en restructuration suite à la régulation iGaming locale, et donc un terrain de captation actif.

Pour le marché iGaming spécifiquement, l’expansion internationale du PSP a une portée indirecte mais réelle pour les bookmakers ANJ. Un opérateur français qui envisage à terme une présence multi-marchés européens préfère travailler avec un PSP qui couvre déjà ces marchés. Cette logique de « PSP qui suit ses clients » est l’un des arguments commerciaux les plus puissants des PSP de taille moyenne face à leurs concurrents anglo-saxons — qui couvrent plus de pays, mais qui ne parlent pas la langue locale du marchand français.

Une nuance que je tiens à souligner: l’expansion internationale d’un PSP est rarement linéaire. Chaque marché demande deux à trois ans avant d’atteindre la rentabilité opérationnelle. Le management de HiPay a, sur la période 2020-2025, fait des choix sélectifs plutôt qu’une approche extensive. Cette discipline géographique évite les coups de Trafalgar, mais elle ralentit aussi l’effet d’échelle. C’est un arbitrage stratégique qui se défend, mais qui doit être relu chaque année à la lumière des positions des concurrents.

Place de l’iGaming dans le portefeuille HiPay

Question simple posée souvent: quelle part du chiffre d’affaires HiPay vient des opérateurs de pari sportif et de jeu d’argent ? Réponse honnête: le PSP ne publie pas cette donnée avec un découpage iGaming dédié. Mais on peut, en croisant plusieurs signaux publics, en construire une estimation rigoureuse.

Premier signal: les communications publiques mentionnent régulièrement l’iGaming comme l’une des verticales en croissance. HiPay a signé 302 nouveaux contrats dans le commerce de détail en France en 2024, et les secteurs Digital et iGaming continuent à progresser. La formulation est délibérée: la verticale iGaming est nommée séparément du retail, ce qui suggère qu’elle a un poids spécifique dans le portefeuille — ni marginal, ni dominant.

Deuxième signal: la structure des clients de référence publiquement affichés. Sur le site corporate du PSP et dans ses communications presse, plusieurs opérateurs de jeu sont mentionnés. Le PMU figure historiquement parmi les clients de référence affichés. La présence d’un client de cette taille pèse mécaniquement dans le portefeuille — un opérateur de pari sportif et hippique de premier rang représente plusieurs dizaines de millions d’euros de volume annuel.

Troisième signal: les chiffres macro du marché ANJ. Si on estime que le PSP capte une part de 10 à 20 % du volume des bookmakers ANJ, cela représente entre 1,2 et 2,3 milliards d’euros de volume annuel. Sur 9,15 milliards de volume total HiPay, cela donne une fourchette de 13 à 25 % du volume PSP issu de l’iGaming. La fourchette est large, mais elle situe l’ordre de grandeur. C’est une verticale significative, sans être prépondérante.

Pour le PSP, cette présence iGaming a deux conséquences distinctes. Avantage: la verticale est plus marge que le e-commerce généraliste, parce que les volumes sont prévisibles et les take rates négociables. Inconvénient: la verticale est plus risquée du point de vue réglementaire — un changement majeur de cadre ANJ ou de fiscalité opérateurs peut comprimer brutalement les marges. La répartition observée — significative mais pas dominante — est probablement le sweet spot stratégique pour un PSP coté qui veut équilibrer rentabilité et exposition au risque réglementaire.

Pour les opérateurs ANJ et leurs parieurs, cette répartition rassure indirectement: le PSP n’est pas otage de l’iGaming, et donc n’a pas vocation à brader sa qualité de service pour conserver à tout prix ses clients de cette verticale. Le rapport de force est équilibré.

Actionnariat et cotation Euronext Growth ALHYP

HiPay est coté sur Euronext Growth (ALHYP) depuis 2015. Pour comprendre ce que cela implique concrètement, il faut décomposer le sigle et la structure boursière. Euronext Growth est le compartiment d’Euronext destiné aux PME et aux ETI, avec des contraintes d’information financière allégées par rapport au compartiment principal — mais une exigence réelle de transparence comptable annuelle et semestrielle. ALHYP est le code mnémonique du PSP sur ce compartiment.

La cotation sur Euronext Growth a deux fonctions pour un PSP. Première fonction: l’accès au capital. Quand le management décide d’accélérer l’investissement technologique ou l’expansion internationale, l’option d’augmentation de capital coté est ouverte — moyennant les contraintes de gouvernance qui vont avec. Deuxième fonction: la discipline de transparence. Un PSP coté publie ses comptes, ses prévisions, ses risques. Cette transparence rassure les marchands clients qui s’engagent dans des contrats pluriannuels, et elle facilite les agréments réglementaires.

L’actionnariat d’un PSP coté est en perpétuel mouvement, et je ne le détaille pas ici parce qu’il évolue en continu. Mais une caractéristique structurelle mérite l’attention: la liquidité du titre sur Euronext Growth est généralement plus modeste que sur le compartiment principal. Cela signifie que les variations de cours peuvent être amplifiées par des mouvements d’investisseurs de taille modérée. Pour un parieur ou pour un opérateur, cette volatilité boursière n’a pas d’impact opérationnel direct — elle ne se transmet pas à la qualité du tunnel de paiement — mais elle est un signal à surveiller.

L’EBITDA de 14,5 % du CA en 2024 place HiPay dans une zone de profitabilité solide pour un PSP de sa taille. Comparativement, les PSP cotés européens affichent des EBITDA dans une fourchette large de 5 % à 25 % selon leur stade de maturité. Les grands acteurs nord-américains, comme Stripe ou Adyen quand on a des éléments comparables, opèrent à des marges plus élevées grâce à leur effet d’échelle. Mais HiPay n’est pas dans la même cour de poids — la comparaison pertinente, c’est la cohorte des PSP cotés européens de taille moyenne. Sur cette cohorte, le PSP français est dans la moitié supérieure en termes de marge.

L’agrément ACPR depuis 2011 est un actif intangible majeur pour la valorisation boursière. Quinze ans d’historique régulé sans incident majeur public, c’est un capital de confiance qui ne se construit pas en deux ans. Les nouveaux entrants néo-PSP qui voudraient candidater au marché iGaming français doivent d’abord obtenir cet agrément, puis le faire vivre — soit cinq à sept ans avant d’atteindre une crédibilité comparable. Cette barrière à l’entrée temporelle est l’une des protections concurrentielles les plus solides du PSP face à la pression Stripe et Adyen.

Concurrence frontale avec Stripe, Adyen et Nuvei

Stripe, Adyen, Nuvei. Trois noms qui structurent la concurrence frontale du PSP français sur le segment iGaming et au-delà. Ces trois acteurs ont des profils différents, des stratégies différentes, et chacun pèse différemment sur la position de HiPay.

Stripe est le challenger global. Né américain en 2010, le PSP a développé une approche développeur-first qui a séduit massivement les startups et les e-commerçants. En France et en Europe, Stripe a investi des moyens considérables pour conquérir le marché. Sur l’iGaming spécifiquement, son positionnement est plus prudent — l’agrément des opérateurs de jeu suit des procédures internes plus strictes. Cette prudence ouvre, paradoxalement, un espace pour les PSP français spécialistes du secteur.

Adyen est le PSP industriel néerlandais coté à Amsterdam. Avec un volume traité qui dépasse plusieurs centaines de milliards d’euros annuels, l’acteur joue dans une cour totalement différente en termes d’échelle. Son positionnement est multi-marchands de très grande taille, multi-méthodes, multi-pays. Pour un opérateur ANJ qui rêve de devenir paneuropéen, Adyen est l’un des candidats naturels — mais le ticket d’entrée commercial est élevé, et le PSP impose des conditions contractuelles plus rigides que ses concurrents de taille moyenne.

Nuvei est plus discret côté grand public, mais c’est l’un des acteurs les plus actifs sur l’iGaming international. Le PSP canadien a, depuis ses origines, fait de la verticale jeux d’argent un axe stratégique. Cette spécialisation lui donne une expertise réelle, mais elle l’expose aussi davantage au risque réglementaire pluri-juridictionnel. Sur le marché français, sa présence est plus limitée que celle de Stripe ou d’Adyen.

Face à ces trois concurrents, HiPay joue une partition spécifique. Une couverture de méthodes et de devises qui n’a pas à rougir face aux géants en pratique européenne. Agrément ACPR depuis 2011 — l’antériorité française est un avantage face aux acteurs étrangers qui doivent constituer leur dossier. Spécialisation iGaming réelle — moins large que Nuvei à l’international, mais plus profonde sur la France. Taille intermédiaire — les marchands de taille moyenne y trouvent un partenaire qui les écoute, ce qui n’est pas toujours le cas chez Adyen.

L’avantage concurrentiel structurel d’un PSP français spécialisé tient en deux mots: connaissance locale. La doctrine ANJ, les usages des bookmakers ANJ, les méthodes de paiement spécifiquement françaises comme la CB ou Paysafecard, les contraintes LCB-FT applicables au secteur — tout cela demande une expertise qu’un acteur global construit lentement, et qu’un acteur français a déjà. Cette connaissance locale est un capital qui se déprécie peu, et qui rend la position du PSP défendable à moyen terme malgré la pression des géants.

Quelle part du chiffre d’affaires HiPay 2024 provient des opérateurs de paris sportifs et de jeux d’argent ?

Le PSP ne publie pas un découpage iGaming dédié, mais on peut construire une estimation rigoureuse en croisant trois signaux: la mention publique de la verticale Digital iGaming comme moteur de croissance, la présence affichée de clients de premier rang du secteur jeux, et la part probable du PSP sur le volume des bookmakers ANJ. La fourchette plausible se situe entre 13 et 25 % du volume total HiPay — significative mais pas dominante, ce qui équilibre rentabilité et exposition au risque réglementaire.

Comment l’EBITDA de 14,5 % de HiPay se compare-t-il aux marges typiques des PSP cotés européens ?

Les PSP cotés européens affichent des EBITDA dans une fourchette large de 5 % à 25 % selon leur stade de maturité. HiPay à 14,5 % se situe dans la moitié supérieure de la cohorte des PSP de taille moyenne. C’est une marge solide mais non exceptionnelle — typique d’un acteur sorti de la phase brûle-cash et entré en mode investissement discipliné. La comparaison avec les géants Stripe ou Adyen n’est pas pertinente parce qu’ils opèrent à une échelle de volume incomparable, qui change la mécanique des coûts fixes.

Le virage Tap to Pay HiPay à +38,7 % en 2025 a-t-il un débouché chez les buralistes du PMU ?

L’opportunité existe sur le principe: un buraliste équipé d’un smartphone certifié peut, en théorie, encaisser une recharge de compte joueur sans investir dans un TPE dédié. Mais le passage à l’acte demande une série de conditions techniques et contractuelles spécifiques à l’écosystème PMU — éligibilité réseau, certification logicielle, accord avec l’opérateur de loterie. La pertinence économique dépend du volume traité par chaque point de vente, et l’industrialisation à grande échelle du dispositif n’est pas encore confirmée publiquement.

Créé par la rédaction de « Hipay Paris Sportifs ».

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